Un filtre passif n'est pas un simple calcul de fréquence de coupure. L'impédance d'un haut-parleur varie avec la fréquence, et les formules théoriques supposent une charge résistive constante.
D'où l'utilité des réseaux de correction : une cellule Zobel linéarise la montée inductive du grave, un circuit bouchon aplatit la résonance du tweeter. Sans eux, la coupure réelle se décale de plusieurs centaines de hertz.
La dernière étape est toujours la mesure. Deux transducteurs aux courbes individuelles correctes peuvent se recouvrir en opposition de phase autour de la coupure et creuser la réponse globale. Inverser la polarité de l'aigu est le premier test à faire.
L'ordre du filtre détermine la pente et le comportement de phase. Un premier ordre conserve la phase mais demande des transducteurs capables de travailler loin hors de leur bande. Un troisième ordre protège mieux le tweeter au prix d'une rotation de phase importante.
Le second ordre reste le compromis le plus fréquent, avec inversion de polarité du tweeter pour recoller les phases autour de la coupure.
La pente acoustique n'est pas la pente électrique. Le transducteur s'éteint déjà de lui-même et le filtre s'y ajoute : un second ordre électrique sur un haut-parleur déjà déclinant peut donner un quatrième ordre acoustique. Travailler par courbe cible plutôt que par ordre de composants évite la confusion.
Le baffle step est l'autre facteur souvent oublié. Sous la fréquence où le coffret cesse de soutenir le rayonnement, le niveau chute jusqu'à six décibels. Le compenser fait partie du filtre, et c'est pourquoi un transducteur mesuré sur un large baffle se comporte autrement sur une façade étroite.

